Un peu d’histoire

On se pose souvent la question, surtout en ce moment et même à Nice : quelle est la différence entre le Palais Communal, la Bourse du Travail et l’Aigle d’Or ? Dans le langage courant, les trois désignations ont en effet tendance à se mélanger. Il faut dire que s’il y a bien, dans l’histoire de Nice, un bâtiment qui a évolué dans sa fonction, tout en conservant une importance historique majeure, c’est bien celui-là.

 Lorsqu’il est inauguré en 1584, c’est bien en tant que Palais Communal ou hôtel de ville. Les magistrats vont y siéger pendant près de trois siècles, avec une interruption entre 1792 et 1819, lorsque le Palais est vandalisé par les troupes françaises et que l’administration est déplacée dans l’ancien palais Héraud et ce jusqu’à la Restauration Sarde qui voit revenir le Grand Conseil entre les murs du Palais Communal. Mais les locaux sont trop petits et les magistrats l’abandonnent définitivement en 1868, au profit de l’ancien hôpital Saint-Roch, l’Hôtel de Ville actuel.

C’est en 1893 que l’on va parler de Bourse du Travail lorsqu’il devient le siège de la CGT, après plusieurs années d’inoccupation et sous la poussée de nombreuses organisations syndicales. La démarche est même soutenue par le maire de l’époque, qui avait été élu grâce aux voix des ouvriers. D’abord simple lieu de placement, la Bourse du Travail devient un lieu de réunion qui va tenir un rôle central dans les grèves ouvrière, à tel point que l’on désignera la Place Saint François où elle se trouve comme la « place de Grève niçoise ».

La CGT ne sera chassée de la Bourse qu’à deux reprises : une fois en 1902 quand le maire fait fermer les locaux qui sevraient de quartier général aux ouvriers dans les grèves, ce qui inquiétait les autorités ; une autre en 1942, lorsqu’elle va servir aux organisations professionnelles vichystes qui seront expulsées en 1944 par les membres de la CGT clandestine. Depuis, la Bourse du Travail était le fief de la CGT, jusqu’au conflit actuel avec le maire de Nice. C’est un bâtiment inscrit aux Monuments Historiques depuis le 10 décembre 1949, mais il n’est pas classé, ce qui implique que la part de l’État dans le financement des rénovations est moindre.

En ce qui concerne l’Aigle d’Or, c’est en réalité une annexe de la Bourse du Travail, un bâtiment adjacent donc, et  il appartient, à la base, au même ensemble architectural. Inclus dans les rénovations, c’était lui qui était censé accueillir la CGT à la fin des travaux selon l’accord signé avec la Mairie de Nice.

Professeur Nonosse

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2 commentaires pour Un peu d’histoire

  1. Alban dit :

    LE PIÈGE DE NOTRE OMNIPOTENT PRÉSIDENT DE LA METROPOLE EST MONTÉ AU BON MOMENT : AUX LEGISLATIVES IL APPARAITRA COMME UN DEFENSEUR BIEN PROPRE CONTRE LES ROUGES QUI VEULENT S’APPROPRIER LA VIEILLE VILLE
    Alban du Mont Alban

  2. Béluguette dit :

    Topo très intéressant, , mais juste à la fin, voilà que je m’interroge. :
    Il y a donc des travaux dans l’ensemble des deux bâtiments, le Palais Communal, logeant l’Union Locale CGT et l’ Hôtel de l’Aigle d’Or, logeant l’Union Départementale CGT) ) et à la fin des travaux toute la CGT devrait s’installer à l’Aigle d’Or ? Mais alors, quid, du Palais Communal ? qui ou quoi accueillera-t-il ?
    Le mystère s’épaissit.

    Béluguette.

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