Coopératives, ça marche

Avant le contre G20 c’est déjà le contre G20. Lundi 31 octobre, les Alternatifs organisent un débat intitulé « l’Autogestion, une réponse à la crise ? Des Fralib à Marinaleda ».
L’occasion de revenir sur la possibilité d’une coopérative.

« Une coopérative, ça peut paaaas marcher. Il faut quelqu’un qui prenne des décisions parce que si tout le monde s’y met, c’est le bordel ! »

Ben non. Une coopérative, ça peut marcher. Non pas par vœu pieux (en tant qu’athée, je ne me risquerait pas par là) mais parce que c’est une réalité. Les sociétés coopératives et participatives (SCOP)   représentent 10% de l’emploi en France, 215 000 employeurs et 2,3 millions de salariés (Lire l’article de Claude Alphandéry sur lemonde.fr : Il est temps que l’économie sociale et solidaire soit reconnue et entendue)

Le groupe Chèque déjeuner, Alpha Taxis (3ème compagnie de taxis parisienne), Alternatives Économiques… Toutes des SCOP ! La liste est longue et on gagnera à faire un tour sur le site national des SCOP pour en savoir plus.

Je ne parlerai ici que de celle que je connais le mieux et dont je suis sociétaire : l’École des métiers de l’information, à Paris. Créée en 1982 sous forme d’association par de joyeux journalistes utopistes, elle s’est transformée en 1995 en SCOP. A l’époque on disait « Société coopérative ouvrière de production » (du lourd, quoi). Cela fait donc plus de 25 ans 15 ans (en même temps, j’ai pas fait maths sup…) que l’école est une entreprise qui appartient à ses salariés et dans laquelle la prise de décision est partagée par tous sur le modèle : un sociétaire = une voix. Et ça marche.

Tout le monde a voix au chapitre sur l’orientation stratégique de l’école, sur les questions administratives et logistiques, via des réunions quinzomadaires. Pour faire marcher la machine, il y a un Conseil d’administration élu par les salariés qui met en œuvre les décisions collégiales. Et un PDG, élu par tous lors de l’Assemblée générale.

Il faut aimer parler, discuter, réfléchir ensemble. Faire des compromis aussi. Parfois, tu en as marre de te farcir des réunions quand tu as envie d’être ailleurs ou de bosser sur autre chose. Inversement, si tu assistes à la mise en œuvre d’une décision dont tu n’étais  pas au courant, ça t’énerve. Mais c’est un fonctionnement incroyable, basé sur le respect de tous par chacun et qui porte un projet collectif. On sait que notre seul capital, c’est nous-même.

Il faut savoir assumer collectivement. Les plantades comme les réussites. On s’aperçoit alors que les échecs sont plus faciles à porter à plusieurs. Et que les succès sont encore plus joyeux lorsqu’on les partage ensemble.

Alors oui, une coopérative ça peut marcher. Et on risque d’y vivre bien mieux que dans une entreprise capitalistique.

Réunion – Débat lundi 31 octobre à 20h, à l’hôtel Kyriad Port (Place du Pin), organisée par les Alternatifs.

A suivre sur la toile :

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Un commentaire pour Coopératives, ça marche

  1. Gina R dit :

    Et pourquoi on ne me parle jamais de SCOP sur ma TV ?
    Ce billet vient à point pour nous faire rêver de réaliser une utopie: une entreprise en dehors du système capitaliste et du marché mondial qui se dit libre, juste avant la rencontre de ses sinistres représentants. Donc un grand merci pour votre contribution à la diffusion de la connaissance d’une forme de société où le pouvoir de décision est collégial et où le chef n’existe plus.
    Gina R.

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