Parler de politique en évitant la métaphore culinaire resucée

Ici on ne lira pas de « salades niçoises », cette vieille expression remâchée et de plus en plus indigeste issue de rédactions parisiennes pressées. Le raccourci culinaire sensé prévenir qu’il s’en passe des trucs à Nice. Du pas net. Embrouilles, mic-macs et melimélos maffieux.

D’abord par ce que n’importe quel Niçois dont le regard accroche pour la 253eme fois ce titre à la Une d’un quotidien ou d’un hebdo national (l’évolution de l’expression journalistique consacrée est assez lente) a tendance à lever les sourcils d’un air affligé avant de se détourner de cette cagade. C’est au moins aussi nouveau et pertinent qu’un film américain qui découvre Paris avec la Tour Eiffel et un air d’accordéon par derrière.

Ensuite parce que la salade niçoise c’est bon. C’est fait avec des légumes frais coupés fin-fin-fin. C’est beau, plein du rouge de la tomate, du vert de la salade, du noir de l’olive… Dans sa variante portable, entre deux moitiés de pain rond, ça s’appelle le pan bagnat. Imbibé d’huile (d’olive, on ne précise même pas), tu as intérêt à bien le serrer pour ne pas que ça te file entre les doigts dès que tu mords dedans.

Bref, la salade niçoise, c’est le meilleur repas du monde (avec la socca, mais ça j’y reviendrai peut-être). Et ici, elle ne sera employée qu’à bon escient (et avec parcimonie). En tous cas pas pour parler de politique. Mais par exemple pour signaler à nos amis du nord que dedans, il n’y a PAS de patates Ni de haricots verts. Jamais. Comme ça, on reste amis.

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3 commentaires pour Parler de politique en évitant la métaphore culinaire resucée

  1. et jamais de salades .. dedans.

  2. Elisa dit :

    Cet exemple ne fait qu’illustrer la pléthore de clichés qui pullulent dans les médias, presse écrite comprise : tics de langage innombrables que semblent se refiler à plaisir les journalistes, stéréotypes régionaux (le midi mafieux, le nord populaire et chaleureux et j’en passe), le tout assorti de nombreuses approximations, on s’en rend compte quand on connait un peu le sujet traité.

  3. Michèle Pedinielli dit :

    C’est parfois de la paresse intellectuelle, parfois aussi un vrai manque de temps pour penser l’écriture autrement. Mais c’est souvent impulsé une attitude parisiano-centrée évidente. A noter que cela marche aussi – et surtout – pour les banlieues, pas très loin à vol d’oiseau des rédactions nationales.

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